Chroniques de Jean-Benoit Jaouen

Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 20:46




Chronique n°6, intitulée "Ben en deux mots, c’était achement bien"...


Ben en deux mots, c’était achement bien. Seuls ceux qui ont couru une Transe Gaule, une Deutschlandlauf, une Trans Europe, une Trans Australia ou une Trans America peuvent imaginer comment ça se passe et ce que représente l’acte de repartir en peloton chaque matin pour quelque 70 km de routes inconnues et 6 à 12 heures, le nez au vent sur une paire de guiboles pas vraiment neuves. Pour les autres, la seule façon de savoir, c’est d’essayer car ça reste assez difficilement descriptible. Ceux qui iront au bout de ce qui représente 4 Transe Gaule mises bout à bout pourront dire par combien sont multipliées les émotions à l’approche du Cap Nord et du soleil de minuit.


Pour moi, les 3 premières heures dans la quiétude et les pâles lumières du matin étaient toujours les plus agréables. Ensuite, invariablement je faiblissais physiquement et mentalement et je décomptais alors les km et les postes de ravitaillements pour en finir. Souvent la lassitude disparaissait dans les deux dernières heures de course, à l’odeur de l’écurie et du foin frais. Pour d’autres comme Gérard Denis qui craint les étapes courtes car, à 65 ans, il lui faut plusieurs heures pour trouver le bon rythme, les étapes longues étaient les meilleures. Gérard part toujours en queue de peloton puis remonte tout ce qu’il peut (« la Chasse aux Jap’ est ouverte ») dans les deuxièmes moitiés d’étape où il se sent toujours mieux. J’ai eu 2 étapes difficiles où, endormi debout, j’ai dû marcher plusieurs heures en slalomant dangereusement sur la route. Dans ces moments-là, à 4 ou 5 km/h, j’ai toujours l’impression de subir la même séance de torture mentale et ce qui me permet de tenir est de me dire que j’ai une certaine chance d’être là, de ne pas être blessé, de savoir aussi que ça va revenir tôt ou tard, que je ne suis pas seul sur la route et que je dois retrouver le troupeau avant la fin de journée pour avoir le droit de repartir demain. Bien conscient que tout ça ne sert à rien mais que ça fait avancer et qu’avancer est bien le seul but de ce jeu stupide de gamins immatures de 50 ans et plus qui feraient un concours pour savoir qui pissera le plus loin.

D’un point de vue pratique, cette Trans Europe se déroule suivant exactement le même schéma que la DL puisque l’organisateur et la grande majorité de la vingtaine de bénévoles sont les mêmes personnes. Réveil-matin 4 heures, petit-déjeuner (café, thé, lait, pain, beurre, fromage, jambon, salami) sur place dans le gymnase ou à proximité de la salle de couchage à 5 heures, premier départ 6 heures, 2è départ 7 heures pour la dizaine des coureurs les plus rapides de la veille. Postes de ravitaillement tous les 8 à 12 km, le premier uniquement liquide, tous les autres complets, soupette chaude aux pâtes ou au riz bien reconstituante au 4è ravitaillement tous les jours. Pas de ravitaillement ni de Bolino à l’arrivée mais bières et boissons à 1 euro et petit snack ambulant pas cher au gymnase (par ex. œuf au plat + saucisse à 2 euros). La plupart des coureurs font de petites courses au supermarket le plus proche lorsque c’est possible. Les arrivées se jugeant toujours devant les gymnases (il y a eu 2 entorses à la règle en 21 étapes), le centre-ville est souvent trop éloigné pour y aller se promener.

Après la douche (chaude, tiède ou parfois froide), l’éventuelle lessive plus ou moins quotidienne (ne pas laver ses chaussettes est selon certains grands sages la meilleure façon de protéger ses pieds), les soins si nécessaire, l’après midi, évidemment plus ou moins longue selon la vitesse de course, se passe beaucoup à l’horizontale. Sieste ou relaxation en musique, prise de notes, massages (1 seul kiné, service payant, prix modéré), connexions Internet, téléphone copains et famille. Dîner en général à 18 heures, parfois 17 heures 30. En Italie ce fut souvent assez moyen en qualité et variété (pâtes ou pâtes et rarement dessert) mais toujours suffisant en quantité sauf la veille du départ à Bari où le Race Direktor Ingo a failli se faire Hara-Kiri de honte et à préféré sauver la course et oublier son dépit en plongeant dans la bouteille de pinard.

Couchage le plus souvent dans des salles de sport, parfois écoles et, c’était annoncé, plusieurs campings au cours de la première semaine (chaque coureur est venu avec une tente). Comme le temps était particulièrement pourri dans le sud de l’Italie, l’organisateur a payé des bungalows à partager à 4 ou 5 coureurs à 3 reprises pour éviter de devoir monter les tentes sous la pluie, une autre fois c’était choix entre un lit à 7 euros ou alors tente sous la pluie. Parfois les salles sont très limites en taille et il faut alors s’entasser les uns contre les autres (c’était le cas hier soir peut-on lire sur les blogs des coureurs). Extinction des feux chaque soir à 21 heures mais beaucoup sont déjà endormis à cette heure-là. Quelques coureurs ont fait le choix de faire suivre un camping-car pour dormir en paix et loin des pets (surcoût non négligeable).

On pense que Ingo, qui a tablé sur 50% de Finishers comme en 2003, s’attendait à plus d’abandons à ce stade de la course (seulement 12 à ce jour et le plus dur est sans doute fait) et il semble qu’il soit actuellement, à une semaine d’embarquer dans le bateau pour la Suède, en train de faire le forcing pour que les abandons incapables de reprendre la course quittent la caravane et rentrent chez eux (c’était prévu ainsi dans le règlement : la Trans Europe n’est pas un Tour Operator touristique transportant des gens en véhicule de ville en ville).

Ambiance toujours excellente en rapport avec les conditions de vie spartiates et la solidarité de ceux qui partagent un quotidien qui n’est pas de tout repos pour personne, coureurs comme bénévoles. La plupart des coureurs se connaissent de longue date pour s’être rencontrés sur la DL ou la TG. Que des gens positifs et tous portés par un objectif commun. Atmosphère saine, pas de télé, pas de journaux, peu de nouvelles du monde ni du championnat de foot, pas de fumeurs.

La traversée de l’Italie fut souvent décevante, entre la désormais fameuse « SS16 » (on peut traduire par Route Nationale 16), parfois franchement dangereuse, la météo fraîche et maussade, et la côte adriatique triste, farcie de béton et de plages aussi peu avenantes pour un Breton que lamentablement privées. Le pompon de l’étape la plus démente revient à la 11è qui s’est terminée sous une forte et froide pluie à slalomer sur une route étroite le long de la barrière de sécurité entre les flaques d’eau, les poids lourds et les connards d’automobilistes aux téléphones portables vissés à l’oreille. Un simple coup de patin malencontreux suffisait à se faire aplatir contre le rail. Décor d’apocalypse où quelques inconscients continuent gaiement de courir tout de noir vêtus ! J’ai fini celle-là dans une grosse colère en me disant que ça commençait à bien faire et que j’attendais de voir à quoi ressemblait la suivante pour décider d’arrêter… Et puis après une courte mais bonne nuit réparatrice, tu as déjà oublié le cauchemar et tu repars comme un robot.

Il est étonnant de voir que personne ne vient jamais réellement se plaindre de ces conditions parfois à la limite de l’absurde. Sur ce type de course la règle du jeu est d’être toujours capable de s’adapter lorsque les choses vont moins bien (repas trop light, couchage inadapté, route dangereuse, mauvaises sensations, blessure, mal de tête, rhume ou caca mou et tout ce qui peut forcément arriver en deux mois de route).

Après les deux premières semaines de grisaille quasi permanente, la récompense fut à la hauteur pour ceux qui sont revenus en troisième semaine : 7 jours somptueux dans les Alpes (Etapes 14 à 20) entre Tyrol italien, 2 jours d’Autriche, sud de la Bavière et arrivée du soleil. Paysages lumineux, fleuris, parfumés, sur pistes cyclables et forestières au milieu des pâturages et d’océans de pissenlits agrémentés de petits cols entre 1200 et 1578 mètres pour le point culminant, bref du pur jus de bonheur 100% naturel et bio qui remet la tête à l’endroit et donne envie de gambader sans fin.

L’unique très mauvais souvenir personnel et traumatisant pour moi est d’avoir vu à deux reprises en deux jours successifs des coureurs (8 exactement et j’ai les noms) franchir des passages à niveau fermés pour éviter d’attendre et de perdre 2 ou 3 minutes. La deuxième fois une Japonaise et un Allemand (quelle déception !) ont traversé la voie sous mes yeux à un endroit avec peu de visibilité une petite quinzaine de secondes avant que le train ne déboule à bonne allure, klaxon bloqué. Je peux comprendre l’envie de le faire, pris dans la course, mais passer à l’acte rabaisse l’homme au pitoyable état de sportif décérébré. L’accident expédierait son responsable à l’hôpital ou en enfer et c’est un moindre mal, mais aussi probablement l’organisateur en taule et tous les autres coureurs prématurément à la maison. Les deux fois, l’incident m’a gâché toute la journée.

Oui la Trans Europe, en plus d’être une formidable aventure, est sans conteste une course mais la vie en est-elle une aussi où il faut se presser d’atteindre la ligne d’arrivée ?


Par Thierry D. - Publié dans : Chroniques de Jean-Benoit Jaouen
Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 14:03


Chronique de l'étape 18, Tyrol autrichien


Hier glacial mais aujourd´hui retour soleil et petite étape 60 km qui permet de lézarder toute l´après-midi.

Fabrice est vraiment mieux que très bien et gratte quelques places chaque jour, Gérard se porte comme un charme et continue à "chasser le Jap´" comme il dit, Roger et Alain ont mis les gaz après l´abandon de Christophe, Stéphane est malheureusement touché aux 2 releveurs et a payé cash aujourd´hui dans la descente du col qui nous a fait passer au point culminant du parcours à 1578 mètres.

Pour ma part je continue d´avoir mal ici et là, jamais grave mais toujours un truc qui ne va pas droit et je dors peu car ça me lance de partout durant la nuit. Mais de
toute facon, à 2 jours de quitter la caravane, dans ma tête c´est déjà fini.

On vient de passer 2 étapes (17 et 18) bellissismes et génialissimes entre le fin de l´Italie et l´Autriche. Deux cols à 1512 et 1578 mètres, des pistes VTT tortueuses au  milieu des paturages semés de pissenlits, vue sur le Mont Orler (?) et ses 3905 mètres, passage de frontière, descente dans vallée encaissée avec de longs tunnels peu éclairés, aujourd´hui 15 km sur piste en foret de sapins pour finir l´étape. Après les 2 premières semaines laides et grises, ca valait quand meme le coup de revenir en 3è semaine.

Pour la suite de l´Allemagne, j´en suis moins sur...

Kénavo et à bientot.


JBJ, mercredi 6 mai 2009






Chronique adressée à depasseur-de-bornes.com par Jean-Benoît Jaouen, génial créateur de rèves (Transe Gaule et MiLKil), présent sur les routes italiennes de la TransEurope 2009 depuis le départ de Bari.
Merci JB. Kenavo.

Par Thierry D. - Publié dans : Chroniques de Jean-Benoit Jaouen
Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /Mai /2009 12:20

Chronique de l'étape 16


SCHLANDERS (Tyroll italien ?). Etape magnifique sur pistes cyclables loin des voitures, très verte, fleurie et embaumée par le lila et le mimosa, au milieu des fermes et des vergers, arrivée altitude 722 mètres.

Abandon Christophe ce matin au Ravitaillement 1, au bout du rouleau... 1/4 des 64 étapes passées.

Couscous-party à 9 dans le camping car de Gilbert Codet* ce soir. Demain la montagne pour de bon (col à 1500 mètres), la frontière autrichienne et l´équivalent d´une Transe Gaule à l´issue de la 17è étape.

Le bataillon de la French Legion est maintenant réduit à 5 fantassins mais tient bon face à l´ennemi. De mon coté ca va beaucoup mieux et à ce train-là je verrai peut-être l´Allemagne, finalement...

Ciao.

JBJ, lundi 4 mai 2009






Chronique adressée à depasseur-de-bornes.com par Jean-Benoît Jaouen, génial créateur de rèves (Transe Gaule et MiLKil), présent sur les routes italiennes de la TransEurope 2009 depuis le départ de Bari.
Merci JB. Kenavo.

Par Thierry D. - Publié dans : Chroniques de Jean-Benoit Jaouen
Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 16:32

Chronique de l'étape 15

Presque tout le monde est rentré mais on attend encore Christophe.
Etape assez longue (76.9) et rallongée pour plusieurs coureurs perdus au
moment où il fallait quitter la piste cyclable qu´on utilisait comme des
robots depuis près de 90 km à cause d´un véhicule cachant la petite
flèche magique. Certains on fait jusqu´à 1 heure en plus, Gérard environ
4 km supplémentaires.
Abandon de Sigrid E.**** ce matin et d´un Japonais n´ayant pas pris le
départ.

Jolie étape très ensoleillée, un peu de montagne en fin de parcours pour
atteindre ce village touristique qui sent déjà l´Autriche, l´Allemagne
et la saucisse. Aussi bonnes soient-elles, je crois qu´on commence à se
lasser des pates à chaque diner et que les Kartoffeln à venir vont être
appréciées.

Cinq étapes entre 60 et 69 km à venir, qui ne font pas trop peur a
priori mais avec forcément du dénivelé dans les deux sens pour franchir
les Alpes.
Visite de Gilbert et Dominique Codet* ce soir, il resteront quelques
jours à nous suivre.
Coté Französichen RAS pas de blessures apparentes.
Je reste impressionné par le peu de coureurs cassés au 1000è km, on sent
qu´on a ici à faire à des Seigneurs de la route !
Dans 2 jours, l´équivalent d´une Transe Gaule aura été couvert.

Kénavo.

JBJ, dimanche 3 mai 2009






Chronique adressée à depasseur-de-bornes.com par Jean-Benoît Jaouen, génial créateur de rèves (Transe Gaule et MiLKil), présent sur les routes italiennes de la TransEurope 2009 depuis le départ de Bari.
Merci JB. Kenavo.


Par Thierry D. - Publié dans : Chroniques de Jean-Benoit Jaouen
Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 13:11

Chronique de l'étape 14.


Première vraie jolie étape aujourd´hui, elle s´est fait désirer...
Les 35 derniers km sur une piste cyclable le long de la rivière Adige entre pics enneigés et vignes tirées au cordeau avec quelques villages intéressants à traverser. Soleil généreux et chaleur sympathique, autour de 26 degrés. La montagne est là face à nous mais on n´a encore rien pris en altitude. Loin du trafic on respire mais il fallait quand même faire gaffe aux hordes de cyclistes italiens tirés à quatre épingles qui déboulaient en face et par l´arrière.

La "French Legion" va bien ...
Gérard carbure au pinard et à la bière et ça lui réussit vraiment bien, il cueille du plantain (plante médicinale bien connue des paysans) chaque matin et le distribue autour de lui, certains s´en remplissent les chaussettes...
Roger et Alain ne se quittent plus ni le jour ni la nuit, ils ont pris le bon rythme et
n´affichent aucun souci. Roger a cependant fait quelques infidélités à
Alain cette nuit puisque sa femme Florence est en visite sur la course
pour le week-end.  
Christophe frôle aujourd´hui le cut-off de quelques minutes mais ses cuisses très contracturées ont l´air de débloquer et le moral est bon.
Stéphane a repris son rythme de croisière après quelques jours en dedans pour cause d´inflammations tendineuses naissantes, il se plaint d´une mise en route longue de 2 heures chaque matin avant de retrouver des sensations.
Fabrice, très joueur, continue d´épater la galerie et n´a rien à déclarer depuis le départ si ce n´est une micro-ampoule, super rythme très régulier à 9 km/h.
Et quant à moi, j´ai mal partout mais ce n´est pas grave car je vais bientot mettre le
clignotant. Franchement, je ne suis pas sûr de passer les Alpes et je prends chaque jour comme mon possible dernier dans ce peloton de durs à cuire.

Après 2 semaines et 935 km, seulement 6 abandons et très peu de blessures. Il est 18 heures, on part diner, puis quelques bières et extinction des feux à 21 heures comme chaque soir.

Demain, le 1000è ...

JB, samedi 2 mai 2009






Chronique adressée à depasseur-de-bornes.com par Jean-Benoît Jaouen, génial créateur de rèves (Transe Gaule et MiLKil), présent sur les routes italiennes de la TransEurope 2009 depuis le départ de Bari.
Merci JB. Kenavo.


Par Thierry D. - Publié dans : Chroniques de Jean-Benoit Jaouen
Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 11:08


Salut Thierry,

JHD* et sa famille sont partis ce matin, direction le Cap Nord, en camping-car. Ça allait, sa femme Mélyne était peut-être plus triste que lui.

Apparemment c´est la cerveau qui a décroché. Les conditions sont pénibles, rien d´intéressant dans le paysage, bords de mer farcis de béton et de plages privées, ciel gris et triste et quand on quitte la mer, c´est pour des routes nationales dangereuses.

Aujourd´hui dans la plaine du Po, ce fut le Top : 70  km sur 85 dans le trafic avec averses passagères et glacées à répétition dans l´après-midi. Pas de visibilité, pas de bas-côtés, slaloms entre flaques d´eaux et poids lourds, vraiment périlleux par moment. A bit insane !!!

Il fait encore froid ce soir, 10 degrés maxi, il parait que ça va s´arranger mais personnellement je n´y crois plus : Roger nous promet de la neige à 1000 mètres dans quelques jours dans les Alpes.

Les autres franzosichen vont bien, mais dur pour Christophe, dernier ce soir après 14 heures de course. Stéphane a ouvert ses 2 socquettes, Fabrice cartonne, Gérard se promène en partant dernier tous les jours puis il "chasse le Jap" (sic) toute la journée en remontant, Roger et Alain retrouvent la forme après 10 jours d´échauffement.

Je me suis connement niqué l´oeil droit ce matin et je suis passé par l´hôpital ce soir pour contrôler que je vais pouvoir le réutiliser dans un ou deux jours.

En résumé : shit roads, shit weather mais super ambiance.

Ciao.

JB, mercredi 29 avril 2009






Chronique
adressée à depasseur-de-bornes.com par Jean-Benoît Jaouen, génial créateur de rèves (Transe Gaule et MiLKil), présent sur les routes italiennes de la TransEurope 2009 depuis le départ de Bari.
Merci JB. Kenavo.



Par Thierry D. - Publié dans : Chroniques de Jean-Benoit Jaouen
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